Sur la terre de mes ancêtres


Tout s’est arrêté, les longs sanglots de ce peuple bafoué et violé retentissent ! Le chaos démesuré s’impose pour prendre les rênes de la destinée de cette nation perdue. Du fond de cet abîme, les racines du mal s’étendent ; les lumières de la conscience s’estompent ; la haine domine les actions et les comportements ; la devise de l’intérêt commun « l’union fait la force » est remplacée par la loi de la jungle, « chacun pour soi »…

Partout, des scènes de violence délibérée s’enregistrent, une violence qui déprécie les valeurs de la morale et le respect de la vie des concitoyens. Entre le bien et le mal, la chimère, cet animal fantastique malfaisant est devenu le réel et l’identité de ce peuple dont l’instinct de survivre de nombre de ses « citoyens » se résume au pillage et à la corruption ; la raison est poussée à ses limites  pour aboutir aux délires les plus infâmes.

Dans les plus hautes sphères de décision, le matérialisme et la cupidité déjouent la volonté d’agir pour le bien-être collectif. La misère finit par être l’épouse légitime du peuple. Une atmosphère de craintes et de tensions prévaut dans les familles ; la prolifération des gangs armés qui sèment le deuil à volonté et ceci pour le plaisir indécent de ceux qui tissent la trame de la réalité actuelle.

Personne n’est à l’abri. L’instant présent est ce qui compte. Pas vraiment de projection sûre pour le lendemain. Les criminels et les voleurs sont les agents vivants de la sélection naturelle en ce lieu. Tous les jours, des gens se font rançonner, des cadavres jonchent les rues, des tirs nourris des mitrailleuses dans de nombreuses zones, un véritable branle-bas.

La plupart des parents est dans l’incapacité de jouer leur rôle de tuteur et perd  leur crédibilité auprès de leurs enfants. La délinquance juvénile vient de plus en plus tôt, car les enfants n’ont plus de repères. Pour certains, l’alcool, la drogue et le sexe constituent une échappatoire rassurant face au chaos généralisé.   

Illusion, superstition, fétichisme sont devenus croyances et processus d’auto-relaxation face à l’incertitude. Les prières n’ont plus de force, les chrétiens oublient le Notre Père, les loas se convertissent à d’autres dieux. Les va-nu-pieds se soulèvent contre les gens à chaussures, les gens à chaussures en état de s’entre-déchirer les uns les autres.

Sur la terre de mes ancêtres, la volonté d’agir pour le bien commun et de dialoguer sincèrement pour trouver la bonne voie est un défi. Pour la majorité nageant dans la crasse et dans l’inconscience, l’idéal fixé est à portée de main : mourir ensemble comme des idiots.

                                                                                                              Jeff Valbrun (Influencer)

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